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Le Cameroun est un important pays forestier d'Afrique avec environ 17 millions d'hectares de forêt tropicale humide. La production camerounaise de bois d'oeuvre en dehors de la filière classique de l'exportation vers l'Europe, l'Amérique et l'Asie, alimente le marché national, les pays sahéliens et Nord africains. La demande intérieure et interafricaine est alimentée principalement par le sciage artisanal. Les scieurs de long munis de tronçonneuses ou de scies mobiles opèrent dans la clandestinité dans les zones agro-forestières, les réserves forestières et même dans les Unités Forestières d'Aménagement (UFA). En effet, l'activité des scieurs de long est illégale depuis la mise en place en 1999 par le Ministère de l'Environnement et de la Forêt (MINEF) d'une disposition administrative interdisant les coupes individuelles. Or le sciage artisanal alimente divers marchés urbains du pays dont : Messa et Noka à Yaoundé, Tratafric et Camp Yabassi à Douala. En outre cette activité est l'aval d'une filière importante d'ou plusieurs familles camerounaises tirent les revenus. Elle est animée par des patrons de dépÙts de bois, des démarcheurs, des vendeurs, des pousseurs et des transporteurs. La demande nationale étant négligée par les industries forestières, elle est l'affaire du secteur informel. Elle représente 300 000 m3/an de bois d'oeuvre, soit l'équivalent annuel de 1000 000 m3 de grumes en tenant compte du rendement matière qui n'est que de 30% compte tenu des équipements utilisés. En outre le sciage artisanal a donné naissance à un florissant marché de meubles dont le plus important est Olézoa à Yaoundé. Ce marché est animé par des artisans menuisiers, des tapissiers et des vendeurs regroupés au sein de l'Association des Techniciens du bois d'Olézoa (ATBO). Ces artisans utilisent du bois d'oeuvre issu des essences de valeur telles que le Sapelli, le Bubinga, le Bibolo, le Zingana et le Bété. L'industrie forestière n'est pas disposée à fournir au marché local les sciages issus de ces essences compte tenu du prix intéressant de la vente du bois à l'exportation. La pression sur ces 5 essences précieuses se trouve ainsi accentuée alors que la forêt camerounaise compte plus de 80 essences commercialisables. Le Sapelli et l'Ayous totalisent à elles seules 53% du volume exploité. L'importance d'Olézoa se mesure par son chiffre d'affaire annuel qui atteint le milliard de FCFA. En effet, ces artisans malgré les équipements rudimentaires dont ils disposent et le peu de qualification ont acquis une certaine notoriété leur permettant de répondre à la demande de meubles des consommateurs du Gabon, du Congo et de la Guinée Equatoriale à partir de Kyossi. Par ailleurs, le bois camerounais et essentiellement l'Ayous alimente la zone soudanosahélienne et même les pays d'Afrique du Nord. A partir de l'Est du pays, le bois part de Belabo par train jusqu'à N'Gaoundéré. Ensuite, il est acheminé par camion à destination des provinces du Nord (Adamaoua, le Nord et l'Extr'me Nord) et du Tchad pour le compte de commerçants et d'exportateurs. Ensuite à partir du Tchad, le bois alimente divers autres circuits d'échanges à travers le désert saharien pour approvisionner la Libye, le Soudan, l'Egypte, le Niger, l'Algérie et le nord du Nigeria. Le volume de bois acheminé par rail atteint 25 000 m3 en dehors du contreplaqué. Depuis l'an 2000 compte tenu des difficultés d'accès aux wagons de la CAMRAIL certains opérateurs de la filière essaient de se passer des rails. Ils affrètent par la route des camions, au départ de Belabo, pour acheminer le bois au nord du pays et à NDjaména. La quantité transportée exclusivement par la route avoisine 15 000 m3/an. Globalement ce commerce représente environ 40 000 à 60 000 m3/an. Malheureusement il est tributaire du statut illégal du sciage artisanal.
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Other versions of this item:
- Langbour, Patrick & Roda, Jean-Marc & Koffi, Yeboah Alexis, 2010.
"The chainsaw supply chain in cameroon: the northern trail,"
Selected Book Chapters, in: Marieke Wit & Jinke van Dam (ed.), Chainsaw milling: supplier to local markets. Wit, Marieke and Jinke van Dam (eds.). (2010). Tropenbos international, wageningen, the netherlands. xxii, edition 1, volume 1, chapter 4, pages 129-137,
CIRAD, Forest department, UPR40.
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JEL classification:
- L73 - Industrial Organization - - Industry Studies: Primary Products and Construction - - - Forest Products
- O13 - Economic Development, Innovation, Technological Change, and Growth - - Economic Development - - - Agriculture; Natural Resources; Environment; Other Primary Products
- Q23 - Agricultural and Natural Resource Economics; Environmental and Ecological Economics - - Renewable Resources and Conservation - - - Forestry
- Q56 - Agricultural and Natural Resource Economics; Environmental and Ecological Economics - - Environmental Economics - - - Environment and Development; Environment and Trade; Sustainability; Environmental Accounts and Accounting; Environmental Equity; Population Growth
- Q57 - Agricultural and Natural Resource Economics; Environmental and Ecological Economics - - Environmental Economics - - - Ecological Economics
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