De tout temps économistes et historiens se sont intéressés au pouvoir de contrôle exercé par les banques sur les entreprises qu'elles financent. Cet article se propose de tester cette affirmation par l'étude d'un cas pratique: le Crédit Mobilier. Cet établissement fondé par les frères Péreire en 1852 fit faillite en 1867. Après sa réorganisation la banque se retrouva affaiblie sur le marché financier. De 1852 à 1880, le Crédit Mobilier a toujours maintenu des relations très étroites avec les sociétés òu il était engagé. Après un bref rappel de la littérature qui permettra de définir la notion de contrôle (Section 1), l'argumentation consistera à analyser la politique de financement de cette banque. Un accent tout particulier sera donné aux problèmes de liquidité qu'aurait pu engendrer la banqueroute de l'organisme prêteur. Dans cet objectif, deux types de tests seront envisagés: le premier analysera l'efficience d'une association avec le Crédit Mobilier (Section 2), le second s'attachera à étudier les répercussions de la faillite sur les besoins de financement des entreprises affiliées à cette banque (Section 3). Les résultats empiriques seront enfin présentés et discutés, afin d'apporter une définition plus précise du concept de supervision (Section 4).
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