La longue recession de l'economie mondiale dans les annees 1990 redonne de l'eclat aux conceptions financieres du cycle economique. La mode du cycle reel, qui avait prevalu dans le sillage de la nouvelle economie classique, a du mal a apprehender les evenements qui se sont succede depuis 1989, si tant est qu'elle ait eu une part de verite empirique. Les faillites bancaires aux Etats-Unis et dans les pays scandinaves, l'effondrement des prix des actifs patrimoniaux au Royaume-Uni et au Japon, apres leur ascension vertigineuse, peuvent difficilement etre imputes a des chocs dans les conditions reelles de production. Il paraît plus raisonnable de les rapporter aux perturbations provoquees par la liberalisation financiere a l'interieur des pays et entre les pays. Si cette hypothese minimale de travail peut etre retenue, de nombreuses questions en decoulent. La liberalisation financiere a-t-elle modifie les interactions entre la finance et l'economie ? Si modification il y a, est-elle un phenomene transitoire pendant que les comportements s'ajustent a de nouvelles regles ou un caractere permanent du nouvel environnement financier ? Une finance ouverte et liberalisee provoque-t-elle des instabilites qui se repercutent dans les ajustements macro-economiques et doivent nous apprendre a vivre avec des fluctuations reelles beaucoup plus accusees qu'on en avait l'habitude dans les trente ans qui ont suivi la deuxieme guerre mondiale ?
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Publisher Info
Paper provided by CEPII research center in its series Working Papers with number
1993-02.