This file is part of IDEAS, which uses RePEc data


[ Papers | Articles | Software | Books | Chapters | Authors | Institutions | JEL Classification | NEP reports | Search | New papers by email | Author registration | Rankings | Volunteers | FAQ | Blog | Help! ]

Une Approche Strategique Pour La Planification Du Programme De Recherche Agricole En Afrique Sub-Saharienne

Author info | Abstract | Publisher info | Download info | Related research | Statistics
Author Info
Boughton, Duncan
Crawford, Eric
Howard, Julie
Oehmke, James
Shaffer, James
Staatz, John

Additional information is available for the following registered author(s):

Abstract

RÉSUMÉ Des études récentes ont montré que la recherche agricole en Afrique peut avoir une rentabilité élevée, mais son impact dépend de l'adaptabilité des nouvelles technologies aux capacités et aux besoins changeants du secteur agricole et du reste de l'économie. Les politiques d'ajustement structurel (ex : la libéralisation des marchés et la dévaluation monétaire) et les changements politiques sont en train de transformer la demande de nouvelles technologies et l'environnement économique au sein duquel ces technologies doivent opérer. Le défi est de concevoir la recherche agricole comme un intrant stratégique qui encourage une croissance économique à base élargie, la transformation structurelle de l'économie et la sécurité alimentaire dans des économies africaines de plus de plus orientées vers la production pour la commercialisation mais qui restent encore fragiles. Vision, stratégie, tactiques. Un processus de conception de la recherche agricole comme intrant stratégique aurait trois caractéristiques distinctes : (1) une vision qui reconnaît le lien entre la recherche et la transformation de l'agriculture. La transformation des économies agricoles à faibles revenus implique un accroissement de la spécialisation et de la productivité de l'agriculture grâce à l'acquisition d'intrants scientifiques développés par le reste de l'économie en échange des produits agricoles. Cette transformation ne peut avoir lieu que si le secteur agricole et l'économie en général parviennent à approvisionner de manière effective les agriculteurs en intrants nécessaires (y compris la nourriture et les autres biens de consommation), à stimuler le marché du travail et à encourager le secteur non-agricole à engager la main-d'oeuvre non-utilisée dans l'agriculture dans des activités plus productives. Ceci implique la nécessité (2) d'une stratégie qui assure consistance et complémentarité entre le changement technologique et l'amélioration des institutions et des politiques nécessaires à la promotion d'une meilleure intégration et d'échanges au sein de l'économie et (3) de tactiques pour le développement de plans d'action réalisables rapprochant les clients et les intéressés de la recherche. La vision : transformation structurelle. Historiquement, chaque pays qui a augmenté ses revenus réels de manière substantielle y est parvenu à travers la transformation structurelle de son économie. Cette transformation se traduit par l'augmentation, en termes relatifs, de l'emploi et de la production nationale provenant des secteurs autres que l'agriculture. L'économie se base alors de moins en moins sur l'agriculture en termes relatifs, bien que cette dernière continue à croître en termes absolus et à générer d'importants liens de croissance avec le reste de l'économie. La transformation structurelle implique également le passage d'une économie de subsistance à une économie intégrée basée sur plus de spécialisations, d'échanges et d'économies d'échelle. Plusieurs fonctions comme la production d'intrants et la transformation de la production, jadis accomplies au sein de l'exploitation agricole, sont effectuées en dehors des ménages. Ce processus nécessite, entres autres, une réduction du coût réel des denrées alimentaires au niveau des consommateurs. Une telle réduction exige que soient encouragés des changements technologiques et institutionnels tant au niveau des composantes du système alimentaire situées en dehors de l'exploitation agricole qu'au sein de l'agriculture. L'économie devrait aussi développer des moyens d'échange à faible coût pour que la transformation structurelle puisse suivre son cours. Des coûts de transaction élevés peuvent étouffer le processus de transformation structurel en renchérissant la dépendance sur la spécialisation et les échanges nécessaires pour exploiter au maximum les nouvelles technologies dans le système alimentaire. Le rôle des SNRA (Systèmes Nationaux de Recherche Agricole) dans le processus de transformation : un canevas. Nous commençons par le concept de la séquence production-distribution-consommation (PDC), avec deux unités fondamentales d'observation : les transformations physiques et les transactions (Figure 1, p.9). Les transformations physiques sont le résultat de la combinaison d'au moins deux facteurs de production pour obtenir un produit. Les transformations sont liées par des transactions. Une portion de la PDC est illustrée à la figure 1. Dans cette figure, la production issue de la fabrication d'engrais, la production de la main-d'oeuvre au sein de l'exploitation agricole, l'énergie animale et la fumure provenant de l'élevage sont combinées (par des transactions) dans la production du maïs. Les graines et les tiges de maïs qui en résultent sont vendues, offertes gratuitement ou échangées comme intrants dans la production de la farine de maïs, dans l'élevage ou encore en échange d'une main-d'oeuvre supplémentaire. Pour chacune de ces transformations, la spécialisation est possible. Théoriquement, chacune de ces spécialisations peut être effectuée par des individus ou des groupes d'individus différents. Une économie peut donc être définie comme un système de séquences PDC interconnectées. L'accroissement de la productivité des séquences PDC du système alimentaire est nécessaire pour faciliter le processus de transformation structurelle. Cet accroissement peut être accompli de deux manières : (1) en augmentant la productivité des transformations individuelles dans la séquence PDC par le biais de changements technologiques et (2) en améliorant la coordination entre les transformations physiques individuelles. En pratique, l'accroissement de la productivité des transformations individuelles et l'amélioration de la coordination sont interdépendants. Par exemple, pour une grande partie du système alimentaire, les transformations physiques dépendent du temps : l'application d'engrais à une période inappropriée du cycle cultural peut avoir un effet nul sur la production de céréales au lieu de l'accroître. Par conséquent, une coordination adéquate entre les fournisseurs d'intrants et les paysans est nécessaire pour réaliser le potentiel de production des variétés améliorées qui dépendent de l'utilisation d'engrais. En bref, des améliorations technologiques et une meilleure coordination peuvent être perçues comme deux conditions indissociables et nécessaires pour accroître la productivité et promouvoir la transformation structurelle de l'économie. Plan opérationnel de la vision. Pour passer d'une mission générale à un plan opérationnel, l'institut de recherche devrait d'abord définir de manière précise les objectifs de son programme de recherche et les hypothèses qui les sous-tendent. Quel poids sera accordé aux différentes dimensions de la performance? Par exemple, il faudra décider si la recherche va se concentrer sur l'augmentation de la valeur totale de la production agricole, quelqu'en soit le lieu de production (objectif d'efficacité) ou si l'on accorde plus d'importance à l'accroissement de la production des cultures produites chez les plus démunis (objectif d'équité de distribution des revenus). La planification stratégique devrait prendre en considération les compromis potentiels entre ces critères et d'autres critères comme la sauvegarde des ressources naturelles. En définissant ses clients et intéressés, l'institut de recherche devrait déterminer ceux dont les préférences sont à prendre en considération lors de la conception des programmes de recherche. Le client est le bénéficiaire de l'action spécifique de l'institut. La tendance a souvent été de considérer les paysans comme les seuls clients de la recherche agricole. Cependant, améliorer la sécurité alimentaire et les performances du système alimentaire implique un accroissement de la productivité à chaque niveau du système et non seulement au niveau paysan. Ceci suggère que, si l'objectif de la recherche agricole est de stimuler la productivité du système alimentaire, les clients de la recherche incluent les paysans, les commerçants, les fournisseurs d'intrants et les consommateurs. Tout comme le système de recherche décide quel poids accorder aux différentes dimensions de la performance, il doit également déterminer comment soupeser les intérêts des différents clients et intéressés. La participation effective de ce groupe élargi de clients dans le processus de planification est nécessaire pour que le choix des priorités de recherche soit plus sensible aux marchés. Par ailleurs, le réseau de clients et intéressés constitue une coalition potentiellement forte qui peut appuyer et superviser la mise en exécution des programmes de recherche. Ce réseau peut également identifier et faciliter la mise en place d'institutions et d'innovations politiques cruciales à l'adoption des technologies. L'objectif de la planification stratégique pour les SNRA est d'améliorer la probabilité d'investir les ressources de la recherche là où leurs impacts sont les plus élevés. La planification implique qu'il faut faire des prévisions éclairées des investissements qui seront les plus productifs. Toutefois, les estimations de la rentabilité de différents canaux de recherche dépendent de manière cruciale de la vision que les chercheurs ont des conditions politico-économiques futures. Par exemple, savoir si le développement des variétés à haut rendement répondant à l'apport d'engrais aurait une rentabilité élevée dépend en partie de la disponibilité éventuelle de cet engrais au niveau paysan. Les chercheurs peuvent émettre trois grandes hypothèses au sujet des conditions politico-économiques futures. Premièrement, ils peuvent supposer que la situation actuelle ne changera pas. Cette approche signifie que les programmes de recherche devraient s'adapter aux conditions actuelles (ex : la disponibilité des intrants commercialisés, les opportunités d'exportation et l'environnement politique global). Deuxièmement, les chercheurs peuvent supposer que les conditions politico-économiques futures seront différentes des conditions actuelles et qu'il est possible de prédire leur évolution. Cette série d'hypothèses considère l'avenir comme étant dynamique et que le système de recherche n'a aucune influence sur son évolution. Enfin, les chercheurs peuvent supposer que le futur est dynamique et qu'ils peuvent l'influencer. Cette approche dynamique considère que le processus de planification stratégique peut permettre l'identification des changements dans les conditions politico-économiques qui accroîtraient la rentabilité de certains canaux de recherche. Cette identification contribuerait à la mobilisation du support des différents groupes de clients et des décideurs politiques afin de changer ces conditions. L'approche de planification stratégique que nous présentons est conforme à cette troisième hypothèse. Elle suppose que la recherche a une influence sur l'évolution future des conditions politico-économiques auxquelles le système alimentaire fait face. La matrice du système alimentaire et l'analyse de filière : des instruments d'analyse du système alimentaire. Afin de développer un plan de recherche réalisable, les chercheurs doivent concevoir une méthode maniable de description et d'analyse du système alimentaire. Par exemple, on peut visualiser le système alimentaire sous forme de matrice. Cette matrice est multidimensionnelle et peut être perçue comme une série de matrices à deux dimensions superposées. La figure 2 (p.18) est une représentation à deux dimensions de cette matrice. Les cultures sont représentées par les colonnes alors que les diverses étapes du plan vertical du processus de transformation, qui sont appelées fonctions de production et de distribution, sont représentées par les lignes. Le développement et le transfert des technologies peuvent contribuer à toutes les fonctions de production et de distribution présentées dans ces différentes cases. Historiquement, la recherche agricole s'est concentrée sur les problèmes identifiés dans une case particulière, par exemple, les contraintes à la production du mil en milieu paysan. Cependant, l'approche système de production et l'approche filière abordent des problèmes recouvrant plus d'une case dans la matrice. Ces approches analysent comment une approche coordonnée de la recherche, sur des problèmes incluant différentes cases, peut augmenter la productivité du système de développement et le transfert des technologies. Par exemple, la recherche sur les modes de consommation des céréales en milieu urbain peut nous éclairer sur les caractéristiques génétiques qui devraient orienter le programme de sélection. Par conséquent, la recherche et la vulgarisation doivent aborder aussi bien les problèmes liés aux processus de transformation physique (représentés par les cases individuelles dans le tableau) que les problèmes liés à la coordination des processus de transformation. La matrice du système alimentaire identifie les relations importantes dans le secteur agricole perçu comme un système. Cette matrice aide à identifier les questions et les données appropriées pour l'estimation de la valeur probable des différentes alternatives du programme de recherche, en portant une attention particulière sur les relations du système qui peuvent être influencées par la recherche. Cette matrice est aussi utile pour l'identification des opportunités non-exploitées et des contraintes à l'amélioration des performances. De ce fait, elle aide à l'identification des opportunités de recherche ayant un impact élevé et des programmes de recherche complémentaires. Une filière est définie comme la séquence d'activités contribuant à la production, la distribution et l'utilisation d'une denrée alimentaire particulière. Elle est représentée comme une section verticale de la matrice du système alimentaire. L'analyse filière met l'accent sur un diagnostique descriptif des opportunités et des contraintes (dans les séquences verticales de la production et de la distribution) et sur leurs mécanismes de coordination. L'intérêt est par conséquent porté sur la coordination entre les différentes étapes (par exemple, de la production de la culture au niveau paysan, jusqu'au moment où elle perd son identité dans les repas ou dans les processus de transformation industrielle). Une description initiale de la filière d'une culture montre les canaux et les étapes de transformation de cette culture, les données (lorsqu'elles sont disponibles) qui indiquent le volume et la valeur de cette culture sous différentes formes et les coûts par origine et ceci à travers les différentes étapes et canaux. Mieux encore, l'analyse se concentre sur les processus de transformation et de coordination intégrés verticalement dans la filière et sur l'identification des problèmes et des opportunités liées à l'amélioration des performances. La planification stratégique comme processus. La planification stratégique des programmes ne doit pas être un processus ponctuel mais plutôt un processus continu et institutionnalisé de résolution de problèmes et d'allocation des ressources. Pour des systèmes alimentaires changeant rapidement, l'incertitude qui existe dans le développement des technologies impose la nécessité d'un processus de planification capable d'ajuster les priorités et les activités en réponse aux nouvelles opportunités ou aux nouvelles conditions. La planification stratégique du programme de recherche agricole (PSPRA) peut être considérée comme une séquence de questions dont les réponses devraient aider à définir la vision, la stratégie et les tactiques qui conduisent à une meilleure rentabilité des investissements dans les programmes de recherche. Parmi ces questions, on retrouve : Quels sont les objectifs de développement du secteur agricole, des filières agricoles, des régions géographiques ou des ressources auxquels l'institut de recherche s'intéresse? Quelles sont les principales contraintes (technologiques, infrastructurelles, institutionnelles et politiques) à la réalisation de ces objectifs et quelles sont les limites appropriées de l'analyse (nationale, régionale ou locale)? Quelles sont les opportunités pour des innovations technologiques au niveau paysan et/ou à d'autres niveaux du système alimentaire? Ces technologies existent-elles déjà ou alors sont-elles à développer? Si elles existent, à quel niveau se trouvent-elles (régional, national ou international)? Dans quelle mesure ces innovations technologiques potentielles sont-elles dépendantes ou sensibles aux investissements, aux politiques ou aux innovations institutionnelles dans le système alimentaire? Quels sont les clients directs (utilisateurs des technologies), les clients indirects (autres que les utilisateurs des technologies qui bénéficient ou perdent à la suite de l'adoption de ces technologies) et les intéressés dont la participation est nécessaire pour la définition et la réalisation de la contribution potentielle de la recherche agricole? Comment le groupe de planification peut-il choisir (établir des priorités) entre différentes opportunités pour s'assurer que les activités à entreprendre sont réalisables compte tenu des ressources humaines et financières disponibles.

Download Info
To download:

If you experience problems downloading a file, check if you have the proper application to view it first. Information about this may be contained in the File-Format links below. In case of further problems read the IDEAS help page. Note that these files are not on the IDEAS site. Please be patient as the files may be large.

File URL: http://purl.umn.edu/11353
File Format: application/pdf
File Function:
Download Restriction: no

Publisher Info
Paper provided by Michigan State University, Department of Agricultural, Food, and Resource Economics in its series Food Security III Papers with number 11353.

Download reference. The following formats are available: HTML (with abstract), plain text (with abstract), BibTeX, RIS (EndNote, RefMan, ProCite), ReDIF
Length:
Date of creation: 1997
Date of revision:
Handle: RePEc:ags:midafs:11353

Contact details of provider:
Postal: 202 Agriculture Hall, East Lansing MI 48824-1039
Phone: (517) 355-4563
Fax: (517) 432-1800
Email:
Web page: http://www.aec.msu.edu/agecon/
More information through EDIRC

For technical questions regarding this item, or to correct its listing, contact: (AgEcon Search).

Related research
Keywords: Research and Development/Tech Change/Emerging Technologies;

Other versions of this item:

References listed on IDEAS
Please report citation or reference errors to , or , if you are the registered author of the cited work, log in to your RePEc Author Service profile, click on "citations" and make appropriate adjustments.:
  1. James F. Oehmke & Eric W. Crawford, 1993. "The Impact of Agricultural Technology in Sub-Saharan Africa: A Synthesis of Symposium Findings," International Development Papers 14, Department of Agricultural Economics, Michigan State University. [Downloadable!]
  2. Rita Laker-Ojok, 1994. "The Rate of Return to Agricultural Research in Uganda: The Case of Oilseeds and Maize," International Development Working Papers 42, Department of Agricultural Economics, Michigan State University. [Downloadable!]
  3. Robert W. Fogel, 1994. "Economic Growth, Population Theory, and Physiology: The Bearing of Long-Term Processes on the Making of Economic Policy," NBER Working Papers 4638, National Bureau of Economic Research, Inc. [Downloadable!] (restricted)
    Other versions:
  4. Rita Laker-Ojok, 1994. "The Potential Returns to Oilseeds Research in Uganda: The Case of Groundnuts and Sesame," International Development Working Papers 45, Department of Agricultural Economics, Michigan State University. [Downloadable!]
  5. Duncan Boughton & Bruno Henry de Frahan, 1994. "Agricultural Research Impact Assessment: The Case of Maize Technology Adoption in Southern Mali," International Development Working Papers 41, Department of Agricultural Economics, Michigan State University. [Downloadable!]
    Other versions:
  6. James A. Sterns & Richard H. Bernsten, 1994. "Assessing the Impact of Cowpea and Sorghum Research and Extension in Northern Cameroon," International Development Working Papers 43, Department of Agricultural Economics, Michigan State University. [Downloadable!]
    Other versions:
  7. Laker-Ojok, Rita, 1994. "The Potential Returns To Oilseeds Research In Uganda: The Case Of Groundnuts And Sesame," Food Security III Papers 11426, Michigan State University, Department of Agricultural, Food, and Resource Economics. [Downloadable!]
  8. Oehmke, James F & Crawford, Eric W, 1996. "The Impact of Agricultural Technology in Sub-Saharan Africa," Journal of African Economies, Oxford University Press, vol. 5(2), pages 271-92, June.
Full references

Statistics
Access and download statistics

Did you know? All top Economics journals are listed on RePEc.

This page was last updated on 2009-11-11.


This information is provided to you by IDEAS at the Department of Economics, College of Liberal Arts and Sciences, University of Connecticut using RePEc data on a server sponsored by the Society for Economic Dynamics.